Fin décembre pénurie et panique, un mois après l’abondance, la Belgique se trouve "inondée" de sel. Le week-end du 5 février 2011, le distributeur Zoutman a réceptionné une cargaison de 50.000 tonnes de sel sud-américain et une deuxième de 73.000 tonnes de sel australien. (Zoutman, pour être complet, fait aussi du sel de cuisine.) A peine une semaine plus tôt, le Stargold Trader accostait au port de Rotterdam chargé de 28.000 tonnes de sel de déneigement, destinées à la Belgique. Ce sel avait été commandé à la fin du mois de décembre, en pleine "crise du sel", par une trentaine de communes en Flandre. Les stocks étant épuisés, ces communes acceptent "l’aide d’urgence" de la société ESCO qui promet de remplir les hangars au plus vite. ESCO, est présente dans tout le pays. Le 28 décembre la commune de Blégny, informe l’agence de presse Belga, "assigne la société ESCO devant le tribunal de Liège pour non-respect de ses obligations contractuelles d’approvisionnement en sel de déneigement". Le lendemain, la ville de Mons en fait autant. ESCO se précipite alors pour fournir 60 tonnes à Blégny et l’affaire est réglée à l’amiable. Blégny avait payé 52 euros la tonne. Les communes flamandes par contre payent 85 euros la tonne à ESCO. En temps normal le prix est de 55 euros la tonne, nous dit un distributeur, qui ajoute qu’ESCO profite de sa position de monopole. Cette société est devenue quasi le seul fournisseur en Belgique. ESCO (European Salt Company) a été créée conjointement par Solvay (belge) et K+S (Kali und Salz, allemande) en 2001. En 2004 K+S achète la part de 38% que Solvay détenait dans ESCO. En 2006 K+S ajoute le producteur de sel SPL du Chili à son écurie et en 2009 l’américain Morton Salt avec ses salines à Inagua aux Bahamas (port de départ du Stargold Trader). Ainsi, le marché européen est dominé par K+S via sa filiale ESCO. D’où – la panique des cantonniers aidant – un surcoût salé pour notre beau réseau routier. Au moins, les hangars seront de nouveau remplis.