Classiquement, le fonctionnement des entreprises est soumis aux lois et règlements – plus ou moins contraignants, c’est affaire de rapport de forces – du pays où elles sont établies. Leurs activités se sont cependant largement internationalisées – la "mondialisation", dit-on parfois. Les lois et les règles, lorsqu’elles opèrent à l’étranger, et en particulier dans le Tiers-monde, n’offrent souvent qu’une très faible protection aux travailleurs.

Ajouter à cela que, partout, dans les faits comme dans les consciences, la tendance est au relâchement de la règle de droit, auquel les entreprises cherchent, avec succès, à substituer une "autorégulation volontaire" faiblement garantie par des "codes" et des "chartes" dont la valeur est essentiellement morale – ou publicitaire.

C’est dire que la "police des multinationales" est devenu un champ miné. Y compris pour le Gresea, dont le point de départ est la contradiction entre "économie du travail et économie du capital", pour utiliser la formule de Riazanov (1922). Œuvrer pour un fonctionnement plus "social" des entreprises, que ce soit par voie réglementaire ou par voie de codes volontaires, ne modifiera en rien le problème de fond : une exploitation de l’homme par l’homme. On en viendra même à considérer que cette exploitation est normale pourvu qu’elle soit "décente" – ou conforme aux "normes internationales de base", qui n’ont jamais eu d’autre fonction que de donner une forme légale à cette exploitation : économie du capital contre économie du travail. C’est donc perdre de vue la question essentielle : produire pour qui, comment et pourquoi ?

Donc, champ miné, extrêmement teinté d’idéologie. Il mériterait, en soi, une analyse : pourquoi, aujourd’hui, le thème de la régulation des entreprises exerce-t-il un tel attrait ? cela répond à quoi, à quels intérêts ? La tâche reste urgente. Cela n’empêche pas le Gresea, parallèlement, d’apporter un soutien et une participation critiques aux initiatives d’associations qui, par une meilleure police des multinationales, visent à améliorer le cadre légal ou paralégal à l’intérieur duquel les travailleurs cherchent à bâtir un rapport de forces qui leur soit favorable. On en trouvera la liste, ci-dessous.

Programme d’action 2009-2010

1er volet : Ducroire
2e volet : Transparence et reporting social
3e volet : Normes OCDE
4e volet : Empreinte sociale
5e volet : Economie sociale
6e volet : Sous-traitance et responsabilité solidaire
7e volet : Entreprise et droits de l’Homme
8e volet : Vers un syndicalisme transnational ?

Les coalitions

Plateforme "Ducroire"
Campagne "Travail décent"
Coalition OCDE
Coalition européenne pour une justice des entreprises
Campagne Vêtements Propres
Réseau contre la spéculation